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 Sujet du message: Grenoble ou le cimetière des rêves
MessagePosté: Ven 30 Juil 2010 14:16 
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SNOP d'Argent
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Inscription: Jeu 5 Fév 2009 17:07
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Voici un article qui est paru en Israel.

Subject: Grenoble ou le cimetière des rêves

Ce texte a été écrit par une journaliste de "MENAPRESS" (http://www.menapress.org/).

La Ména, de son nom complet la Metula News Agency, est dirigée au plan rédactionnel depuis le village israélien de Métula qui lui donne son nom. Ceci étant précisé, les observateurs évoquent ici une vision de nos banlieues pertinente, notamment au regard de leur expérience avérée des populations hostiles à Gaza...c'est un peu long mais très intéressant

Grenoble ou le cimetière des rêves




Exclusivité

lundi, 19 juillet 2010



Par Patricia La Mosca, envoyée spéciale à Grenoble



Je me trouve à Grenoble depuis samedi matin, soit un peu plus de 24 heures après le déroulement du fait divers servant de prétexte à cette "petite guerre civile", comme je l’ai entendu appeler par des responsables sécuritaires.



Depuis, l’entrée dans le quartier de la Villeneuve ressemble à l’accès à Gaza ; les véhicules sont systématiquement fouillés, leurs passagers brièvement interrogés.



250 CRS ainsi que deux commandos d’élite de la police, le GIPN et le RAID, se sont positionnés aux points stratégiques de la cité. Ils portent des gilets pare-balles et des armes de guerre. Certains sont des snipers, reconnaissables au fin fusil à trépied, surmonté d’une grosse lunette qu’ils utilisent.



Face à eux, des grappes de jeunes gens qui palabrent, les mains nues, mais les regards chargés de menaces et de haine.



La Villeneuve a cela d’étonnant que l’endroit est plutôt joli et sympathique, surtout lorsqu’on ne s’approche pas des cages d’escaliers. Ici, contrairement à la plupart des zones de non-droit que j’ai eu l’occasion de visiter, il y a visiblement eu une recherche architecturale.



Les maisons ne sont pas alignées symétriquement, elles ne sont pas semblables, ce ne sont pas des poulaillers comme on en a vus ailleurs, et les avenues verdoyantes dans lesquelles – habituellement – circulent les tramways aèrent la ville.



Peu de confrères journalistes... exécrable couverture médiatique des événements. Partout c’est la langue de bois qui domine, à croire que la langue française manque de mots.



Peu de reportages aux journaux télévisés, dépouillés, hors sujet, plus éloignés des acteurs de l’actualité que lorsqu’on mentionne un incident à Bethlehem. Ca n’a pas l’air de se passer en France.



L’homme qui a attaqué le casino d'Uriage-les-Bains, au fusil mitrailleur, avec un complice, est uniformément présenté tel un "délinquant" ou un "braqueur". Son nom figure sur les dépêches d’agences et les articles, il s’agit de Karim Boudouda.



Multirécidiviste à 27 ans, condamné trois fois aux assises, on peine à saisir ce que cet individu faisait en liberté. C’est à croire qu’il a commencé ses braquages à l’âge de dix ans ?



Boudouda est le seul individu du quartier de la Villeneuve, après quatre jours d’affrontements, dont le nom ait été révélé.



Les autres acteurs (des centaines, non des dizaines) de la tragédie sont tous anonymes pour la presse, sans visages, sans motifs, sans stratégie et sans dénominateurs communs. On a réussi la stérilisation totale des événements gravissimes qui secouent ici la France depuis quatre jours ; on est parvenu à réaliser le tour de force de vider ce soulèvement armé de toute substance, de tout point de référence que le public pourrait reconnaître.



Ca se résume officiellement à la bataille que livrent des défenseurs de l’Etat, faisant bloc autour du ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, qui a déclaré, samedi, sous mes yeux à Grenoble, qu'il souhaitait "rétablir l'ordre public et l'autorité de l'Etat au plus vite et par tous les moyens".



Mais ils guerroient contre des martiens : des gens sans identité, des fantômes, des "émeutiers" que le téléspectateur a l’interdiction de voir de près.



Hortefeux, la peur au ventre, a commis l’acte "incontestablement héroïque" de pénétrer dans la Villeneuve. Même entouré d’un véritable mur de séparation mobile, il n’est toutefois demeuré dans la cité que... sept minutes, montre en main.



Guerre ? Pas à en croire les confrères, s’efforçant – vous l’aurez compris – de minimiser l’affrontement, titrant, bilan après bilan : "La nuit a été plus calme", "La nuit a été calme", etc. A les lire et à regarder les chaînes nationales, je me demande par moments ce que je suis venue faire en Isère hors de la saison du ski.



Certes, mais jusqu’à samedi soir, en matière d’affrontements armés, les confrères, avec insistances, se bornaient à parler d’un individu isolé (probablement un lunatique), qui, lors d’une manifestation, avait sorti un pistolet de petit calibre.



"Ca fait chi... d’entendre des trucs comme celui-là", me glisse un policier, qui m’a admise dans sa planque, pas longtemps après l’éclatement de cinq coups de feu très distincts, pas loin de l’endroit où nous nous trouvons.



"Dites à vos lecteurs qu’ils tentent de nous descendre", me prie l’homme en uniforme. Illustration : les deux projectiles de gros calibre tirés sur un véhicule en mouvement de la BAC – la Brigade Anti-Criminalité -. C’était la nuit dernière (dimanche à lundi), dans le "caaalme décrit pas mes collègues.



Les flics en ont très gros sur la patate à jouer les "cibles de fêtes foraines". Les politiques ont certes parlé de rétablir l’ordre public par tous les moyens, mais leurs ordres sont "faites gaffe de ne pas un abattre un autre, car la situation échapperait à tout contrôle. Ne tirez que si votre vie est absolument en danger !".



Alors ils essuient sans broncher, mais avec les boules. La nuit de samedi à dimanche, que j’ai passée dehors, j’ai au moins entendu sept épisodes de tirs. L’un semblait provenir d’une arme automatique, mais je ne suis pas une experte en balistique.



L’un des délégués syndicaux des policiers, Daniel Chomette, a déclaré que ses confrères "avaient atteint un seuil de rupture", et j’ai recueilli tous les éléments nécessaires pour le confirmer.



Ce lundi, il n’y a que deux individus en garde à vue. Un troisième est détenu pour un motif qui n’a rien à voir avec les émeutes. Toutes les autres personnes appréhendées ont été relâchées ou sont sur le point de l’être.



On saisit à quel point la chasse et les moyens mis en œuvre ont été improductifs, en considérant que 82 voitures (d’habitants du quartier) ont été incendiées depuis vendredi, un tramway, trois gros véhicules de chantier, deux centres de formation et plusieurs commerces, dont certains ont été pillés.



Deux suspects uniquement ? Forts, ces martiens !



En vérité, c’est principalement le renseignement qui fait défaut, car la police n’avait jamais considéré qu’elle devait se préparer à une confrontation armée. Elle ne dispose pas non plus des moyens, des hommes et des ordres pour espionner des citoyens français, nés français, sur le sol national.



Des martiens que les confrères se contentent d’appeler du même substantif : "les jeunes". Les vrais jeunes n’ont pourtant rien fait pour mériter cette comparaison peu flatteuse ni cette usurpation sémantique. Une usurpation qui fait immanquablement penser, pour ceux qui suivent la Ména, à "activistes" et "militants" lorsqu’ils décrivent les terroristes du Hamas. La réalité ce sont eux qui la reconstruisent.



En fait, on se trouve en plein scénario d’autodestruction : un régime démocratique et la presse protègent des agresseurs défiant leurs valeurs et les règles de leur civilisation.



Dans le cas de Grenoble, on doit refuser, au risque de perdre son âme, d’entrer dans toute discussion contenant la moindre justification de la rébellion, violente et armée, menée par des membres de la communauté musulmane de la Villeneuve.



Car si l’on accepte de lier le sort d’un gangster, s’attaquant au fusil-mitrailleur à une salle de casino remplie de clients et de personnel, à des revendications sociales ou politiques, et à l’usage d’armes à feu contre des policiers, nous aurons cessé d’être. Non seulement en tant que Français, mais en tant que société organisée tout court.



Il se planque où, l’autre avec son Karcher ?



Et le parti socialiste, avec son silence insupportable, complice, électoraliste ?



On dirait que le seul programme politique des formations modérées participe désormais à ressusciter le Front National.



Quant à la parade d’Hortefeux, elle consiste, en vérité, à placer des caméras de surveillance à des carrefours sensibles, et à éclairer les appartements du quartier, toute la nuit durant, avec de forts projecteurs montés sur des hélicoptères.



Les habitants innocents – en plus du stress qu’ils subissent – n’ont pas fermé l’œil de la nuit. Ceux qui ne sont pas innocents et qui les terrorisent : on n’en a rien à faire !



A déclencher une insurrection armée au motif qu’un gangster multirécidiviste a été abattu par la police après lui avoir tiré dessus, ils montrent qu’ils refusent de se plier à la loi du pays qu’ils habitent ; il n’y a pas le début de recherche de justice dans le comportement des séditieux.



Il y a la revendication de faire la loi, d’être la loi, partout où ils sont et quoi qu’ils fassent, de remplacer l’Etat de droit par la loi des caïds des quartiers. Ou, au moins, de tenir l’Etat hors de leurs royaumes de drogue et de trafics.



Ce qui se déroule ces jours à Grenoble est un avertissement pour le moment à moindres frais. Il y a des arsenaux d’armes de guerre dans les quartiers, des membres de gangs qui ne craignent pas même les unités d’élite de la Police française.



Des voyous qui ne paieront certainement pas pour les dommages qu’ils viennent d’occasionner et qui s’élèvent à des millions d’euros. C’est nous qui raquons !



Mais ce n’est pas cela qui importe réellement. Ce qui compte, c’est le défi qui est lancé au gouvernement de ce pays, à ses juges, à ses partis politiques et à ses citoyens. L’heure de vérité commence à sonner.



Les caïds des autres zones de non-droit se frottent les mains : les Français ont peur d’eux. L’embrasement général n’est qu’une question de date, de déclencheur, d’opportunité, de prétexte ; et la police, à en croire ce que m’ont dit ses meilleurs éléments, n’est pas prête et se trouve en sous-effectifs.



Reste que la solution, s’il en existe une, n’est pas policière. Les forces de l’ordre sont un moyen, non une issue, ne le perdons jamais des yeux.



Pas de yaka et de faukon dans cet article, il existe une véritable problématique. Premier problème : ces gens s’asseyent sur notre espoir de les intégrer dans les traditions et les règles de notre société.



Maintenant, ce sont eux, au contraire, qui entendent nous intégrer aux leurs. Et ils ne cessent de le hurler ; si on ne les entend pas, c’est que mes confrères sont sourds et prudents. Ils empêchent l’information de vous parvenir.

_________________
"Si tu diffères de moi,[...] loin de me léser, tu m'enrichis" Antoine de St Exupéry


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 Sujet du message: Re: Grenoble ou le cimetière des rêves
MessagePosté: Ven 30 Juil 2010 14:30 
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Inscription: Jeu 5 Fév 2009 19:42
Messages: 1316
Pleins de bon éléments et de bonnes réflexions, mais la construction d'ensemble reste pour moi assez nébuleuse. Faut dire aussi que le politique applique à cette affaire comme à tant d'autres une stratégie de fragmentation du débat, qui évite d'avoir à se pencher sur le problème de fond.


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 Sujet du message: Re: Grenoble ou le cimetière des rêves
MessagePosté: Ven 30 Juil 2010 14:34 
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SNOP de Pierre
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Inscription: Lun 26 Juil 2010 18:47
Messages: 59
Pu...naise que c'est, bien vu !!!

C'est quand même grave/dommage (rayer la mention inutile) de ne pas avoir une presse (française, s'entend !) qui ne va pas chercher plus loin... pas hors de nos frontières, mais "inside" comme le disent certains.
Et pas des reportages de nos deux "déprimeuses de service", le Jeudi, à "Envoyé Spécial"...


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 Sujet du message: Re: Grenoble ou le cimetière des rêves
MessagePosté: Ven 30 Juil 2010 15:08 
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SNOP d'Argent
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Inscription: Sam 7 Fév 2009 20:16
Messages: 398
Cet article (entre autres) tourne beaucoup dans les boites persos des collègues....


Par contre je reste étonné que "certains" ne disent rien sur sa provenance (menapress). Il semble que le choix des sources et leur accès sur le forum dépende de certains facteurs qui m'échappent de moins en moins.


:ballsol

_________________
La société va avoir la Police qu'elle mérite...


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 Sujet du message: Re: Grenoble ou le cimetière des rêves
MessagePosté: Ven 30 Juil 2010 15:12 
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Inscription: Jeu 5 Fév 2009 16:53
Messages: 445
Citation:
Les flics en ont très gros sur la patate à jouer les "cibles de fêtes foraines". Les politiques ont certes parlé de rétablir l’ordre public par tous les moyens, mais leurs ordres sont "faites gaffe de ne pas un abattre un autre, car la situation échapperait à tout contrôle. Ne tirez que si votre vie est absolument en danger !".


Oulala, on est déjà loin, maintenant, c'est plutot "tirez qu'après déjà avoir pris une bastos et que par miracle, vous êtes encore vivant, mais tant que vous n'avez pas été atteints, serrez les miches".... c'est d'ailleurs ce qui s'est passé à Villiers le Bel: combien de collègues allumés à l'arme à feu? combien de tir de riposte? réactyion des politiques (on pête de joie car nos valeureux policiers ont acceptés d'être les pigeons d'un stand de tir sans avoir riposté)


Citation:
Hortefeux, la peur au ventre, a commis l’acte "incontestablement héroïque" de pénétrer dans la Villeneuve. Même entouré d’un véritable mur de séparation mobile, il n’est toutefois demeuré dans la cité que... sept minutes, montre en main.


C'est ce qui s'appelle en avoir... (je ne précise pas la taille, ce serait désobligeant)... les mêmes politicards qui demandent à un collègue se faisant tirer dessus, se prenant boules de pétanques, plaques d'égouts, pommes de terrre hérissées de clous et jets de pierres en tir tendu de "garder son sang froid" des heures durant (sinon, gare à la sanction)

Citation:
Elle ne dispose pas non plus des moyens, des hommes et des ordres pour espionner des citoyens français, nés français, sur le sol national


Ben non, un politicard ancien MI ayant utilisé les RG à son profit pour se maintenir au courant dans la guerre
qui l'opposait à son 1er Ministre, les a dissout afin qu'un jour, un autre MI qu'il serait obligé de prendre pour satisfaire une frange de sa majorité mais en qui il n'aurait aucune confiance, ne fasse pas pareil et ne se permette ainsi de lui faire de l'ombre. DDV squizzait Nico, c'est un secret de polichinel, sans les RG, il aurait été aveugle, car les Rg renseignaient "sur tout les phénomènes de sociétés", pas que ceux relevant de la Police (d'où le nom "généraux")

Il les a remplacé par des SDIG aux effectifs et moyens réduits à une peau de chagrin

Citation:
Quant à la parade d’Hortefeux, elle consiste, en vérité, à placer des caméras de surveillance à des carrefours sensibles, et à éclairer les appartements du quartier, toute la nuit durant, avec de forts projecteurs montés sur des hélicoptères


Exactement! la réponse doit être pénale! tout tir sur un policier, doit etre puni de la peine prévue en cas de tentative d'assassinat sur un représentant des forces de l'ordre (perpet - même si à titre perso, la lame froide de la guillotine serait plus dissuasive). Mais mettre deux fois plus de collègues, d'hélico et autre démonstration de gros bras (gros bras menottés par un manque de courage et de volonté politique) ne servira à rien. Quand ce ne sera plus Grenoble, ce sera ailleurs pour peu qu'un adolescent décérébré ne soit pas capable de comprendre ce qu'un gamin de 5 ans connait, à savoir qu'une tête de mort sur un transfo EDF veut dire "pas touche"

Et après certains se demandent d'où vient notre démotivation. Comme je le disais ailleurs, il n'y a pas que le financier qui nous importe, le symbolique aussi

tant que le PR ne recevra pas devant médias du JT de 20h00 le collègue qui s'est fait tiré dessus en état de LT parce qu'il répliquait à un braqueur qui l'allumait à l'UZI, démontre que seule sa carrière l'intéresse et que de notre situation, il se fout éperduement

Pourquoi le courage politique qu'ils ont pour ceux des gens du voyage qui créent des pb (alors que d'autres se tiennent bien et travaillent durement), ne peut-il l'avoir vis à vis de la racaille des cités, et proposer la même solution (une connerie, hop, dehors du pays. né en France de parents non français? retrait de la nationalité et retour au pays d'origine parental)?

peut être que manouches, gitans et autre rom ne représentent qu'un faible pouvoir électoral... alors que ceux qui foutent la m..e dans les cité et ceux qui vivent de leur traffic, eux, représentent une masse d'électeurs bien plus importante!

En gros, mieux vaut être en LD devant un rom que devant un zyva


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