Le Syndicat National des Officiers de Police exprime toute sa surprise devant les propos tenus sur la Garde à Vue par Monsieur le Premier Ministre dans les médias qui feint de dénoncer aujourd'hui des pratiques que les Gouvernements successifs ont amplement contribué à développer. Le SNOP rappelle que dès mai 2007 il a transmis au Ministre de l'Intérieur Michèle ALLIOT-MARIE et au Ministre Garde des sceaux Rachida DATI un rapport détaillé sur les causes de l'augmentation continue des gardes à vue, les dérives de la pratique et les détournements des objectifs de cette mesure privative de liberté. Le SNOP concluait son rapport par la proposition d'instaurer une alternative à la GAV sous forme d'une "retenue courte" au formalisme allégé qui permettrait de traiter de façon beaucoup plus souple la catégorie des petits délits, source de la majorité des gardes à vue.
Ce rapport est resté sans la moindre réponse et tous les éléments concourant à l'explosion du nombre des GAV ont été maintenus et renforcés par les instructions des ministères sans que les policiers, soumis à de très nombreuses pressions, puissent limiter ce phénomène ni même qu'une discussion s'engage sur ce sujet.
L'indignation maintenant manifestée par les pouvoirs publics, qui alimente les critiques portées contre l'action de la police et dégrade son image auprès de la population en tant qu'elle serait responsable de ces mesures de garde à vue, est particulièrement mal ressentie par les policiers.
Le SNOP y voit la conséquence de l'absence totale de dialogue professionnel au sein du ministère de l'Intérieur et la pratique constante des réformes imposées aux policiers sans aucune concertation préalable ni prise en compte de leurs avis.
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