AUDIENCE AUPRES DE MME LE MINISTRE DE L'INTERIEUR
Une délégation du SNOP conduite par son Secrétaire Général, Dominique ACHISPON, a été reçue le 6 juin 2007 par Madame Michèle ALLIOT-MARIE, Ministre de l'Intérieur, assistée de son Directeur de Cabinet, M. Michel DELPUECH, et de MM. JEVAKOF et DUPUCH, conseillers.
En préambule, Madame le Ministre a tenu à rappeler que syndicats et ministère avaient des rôles distincts mais qu'elle souhaitait néanmoins un dialogue franc. Elle a indiqué être animée par des objectifs ambitieux, qu'elle souhaitait notamment renforcer l'autorité de l'Etat tout en l'accompagnant d'une proximité accrue vers les citoyens, qu'elle considérait que stabilité et sécurité étaient les composantes d'un état fort. Elle a également ajouté qu'elle se félicitait de l'attribution du domaine de l'immigration à un autre ministère, ce qui allait permettre de recentrer celui de l'Intérieur sur sa vocation première d'assurer au quotidien la sécurité des Français.
Après une présentation de l'organisation, le Secrétaire Général du SNOP a souligné le fait majoritaire issu des dernières élections professionnelles dans la Police Nationale. Fort de plus de 53 % des choix exprimés par 83% des Officiers de police, le SNOP demeure ainsi sans conteste le premier et incontournable porte-parole du corps de commandement auquel il doit, de ce fait, efficacité et loyauté. Il a également rappelé la genèse de la réforme des corps et carrières largement inspirée de la politique syndicale du SNOP.
Entrant dans le vif de l'actualité et pour couper court à une campagne visant à décrédibiliser la journée d'action du 14 juin 2007, Dominique ACHISPON a invité Mme le Ministre de l'Intérieur à se forger par elle-même un jugement sur les motivations inspirant les actions du SNOP et à ne pas prêter l'oreille aux informations l'associant malhonnêtement à de basses manoeuvres politiques. Il a expliqué que la date du 14 juin 2007 résultait uniquement de la diffusion récente d'une instruction de la DGPN fixant au 15 du même mois le terme des états d'heures supplémentaires collectés par les directions, précisant que le choix d'un rassemblement parisien à BERCY démontrait sans ambiguïté la volonté du SNOP de ne pas associer le nouveau ministre de tutelle aux carences d'un dossier qu'il découvre.
Celle-ci a déclaré faire confiance au sens des responsabilité et à l'honnêteté des représentants du SNOP, précisant comprendre que le mouvement du 14 juin n'était guidé que par l'unique défense des intérêts des Officiers de Police. Elle a exposé sa volonté de repartir à zéro sur le problème, entre autres, de la résolution du stock d'heures supplémentaires, attendant du ministère des finances des précisions concernant l'enveloppe budgétaire allouée. En ce sens, le SNOP sera reçu lundi prochain par des collaborateurs du Ministre pour un exposé purement technique de dossiers prioritaires en souffrance : heures supplémentaires, nouveau régime de cadre et positionnement des Officiers de Police, ISSP, école unique de cadres, retraite...
Le Secrétaire Général du SNOP a cependant clairement précisé qu'en l'absence de réponses concrètes et chiffrées il maintenait et maintiendrait la journée d'action du 14 juin 2007 sous la forme de rassemblements devant BERCY et les préfectures qui doivent marquer, unitairement, la détermination de tous les Officiers de Police à n'accepter ni sacrifice du passé ni concession inéquitable sur le futur.
Mme le Ministre a ensuite abordé des thèmes qu'il lui tiendra de développer dans sa conduite du ministère dont elle a désormais la charge. Ainsi a-t-elle indiqué, après avoir rappelé la forte attente de la population française en matière sécuritaire, que le métier de policier devait répondre à deux nécessités impérieuses :
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l'attractivité (ou vocation) qui passe par l'amélioration des conditions matérielles de travail des policiers nationaux (externalisation de la gestion des locaux et participation des collectivités locales) et un meilleur accompagnement social (logements, crèches...). Elle a également manifesté sa volonté de raviver les règles et signes marquant le respect, comme par exemple le salut et en particulier celui du drapeau français ;
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la fidélisation : ne méconnaissant pas les difficultés particulières de certains secteurs comme, notamment, ceux du 93 et du 91, Mme Michèle ALLIOT-MARIE entend y retisser des liens de confiance entre police et population, souhaitant mettre en place des conférences de cohésion comprenant des responsables d'administrations , des élus locaux et des représentants d'associations de quartiers. Elle considère que la sécurité se décline aussi bien en actions de prévention que de répression, et ce jusqu'à obtention d'une condamnation judiciaire, processus constituant ce qu'elle appelle une chaîne de sécurité à ses yeux essentiel.
Rebondissant sur la volonté du ministre de rapprocher police et population, la délégation a rappelé que le SNOP ne cessait de proposer la création d'un véritable statut des victimes.
Concernant la fidélisation des fonctionnaires en zones difficiles, la délégation a souligné les insuffisances et limites de la politique actuelle en matière de logements et a proposé la création d'une aide directe au logement. Elle a de plus réclamé l'extension à l'ensemble des corps de l'expérience de contractualisation actuellement mise en place pour les seuls Commissaires de Police.
La délégation a également évoqué l'inacceptable état de vétusté de l'ENSOP, réclamant des mesures d'urgence pour mettre fin à une telle situation mais précisant que de seuls soucis de rationalisation et de mutualisation des coûts suffiraient à justifier le regroupement immédiat des deux écoles de cadres de la Police Nationale sur le site adapté de l'ENSP de Saint-Cyr au Mont d'Or.
Les représentants du SNOP ont poursuivi en développant leur conception d'un grand ministère la sécurité intérieure revendiqué depuis des années.
Au terme de cette audience, le SNOP considère qu'il demeure impératif pour les Officiers de Police qu'ils se mobilisent en masse le 14 juin prochain afin d'afficher sans équivoque leur détermination à être reconnus pour ce qu'ils ont déjà fait et ce que l'on attend d'eux demain. Cette journée d'action, placée sous le seul signe de l'unité et repoussant toute récupération politique ou même syndicale, ne doit en aucun cas être perçue comme un signe de défiance à l'égard du nouveau ministre de tutelle mais comme un signe fort démontrant qu'il faut encore compter sur et avec les Officiers de Police... et pas seulement pour les résultats !
La délégation
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