Monsieur Joël Bouchité, directeur central des renseignements généraux, a reçu, à l'occasion de sa visite à Toulouse le 6 septembre 2007, une délégation constituée des représentants des principales organisations syndicales, dont le SNOP représenté par Thierry SUAU, Capitaine au RG Toulouse, et Thierry GUILHEN, Lieutenant au RG Auch.
Mr le DCRG avait auparavant, dans la matinée, exposé l'état d'avancement du projet de fusion des services de renseignements à un échantillon représentatif de collègues en fonction dans les entités RG de la région (commissaires, officiers, gradé et gardiens, administratifs).
Au cours de ces deux exercices rhétoriques qui constituaient l'unique raison de sa venue dans la ville rose, monsieur Joël Bouchité a décrit les propositions qui seront faites, dans les prochains jours, à madame le ministre dans le cadre de sa lettre de mission sollicitant, aux directeurs en charge des service de renseignements, leur projet de fusion.
Selon monsieur le DCRG, celui-ci procède d'une réflexion menée avec le chef de la DST, monsieur Bernard Squarcini, sur la base d'un inventaire : des missions, des méthodes, des moyens et des ressources humaines des deux entités concernées.
3 projets s'apprêtent ainsi à être présentés au plus haut sommet de l'Etat, l'un ayant manifestement la faveur des hauts responsables de la police nationale dont le DGPN.
Le premier qui consisterait en la création d'une grande direction reprenant l'ensemble des missions des deux services de renseignement intérieur, n'a pas la faveur de ses concepteurs en raison d'une trop grande surface de collision entre les milieux dits « ouvert » et « fermé ».
Le second qui prévoirait un transfert massif des missions traditionnelles des renseignements généraux vers la sécurité publique et l'abandon du maillage territorial devrait également être exposé sans conviction.
Enfin le projet qui semble être privilégié, sous réserve d'une accréditation ministérielle, prévoit le transfert « a minima » vers une sous direction créée pour l'occasion à la D.D.S.P. de 4 missions actuellement dévolues aux renseignements généraux : Les violences urbaines, les voyages officiels (à l'échelon régional), le hooliganisme et le suivi des activités sociales et sociétales procédant de l'exercice d'un droit (associations, rassemblements, manifestations, grèves...). Les « courses et jeux » devraient être confiés à la Police Judiciaire.
La future direction qui pourrait s'appeler « du renseignent intérieur », sera quant à elle caractérisée par le recentrage de ses missions autour de la protection des intérêts de l'Etat, de la sûreté nationale de la prévention des crises. Disposant d'un point d'ancrage régional, elle conserverait une représentation dans chaque département.
Le transfert des missions à la DCSP s'accompagnerait de celui du personnel actif et des moyens correspondants pour arriver, à terme, à des nomenclatures cohérentes.
Interrogé sur les modalités de ces mutations, le DCRG a insisté sur sa volonté d'éviter toute « brutalité » et dans cette perspective :
- Le volontariat sera privilégié,
- Les personnes affectées en sécurité publique seront nommées, par le biais d'un arrêté spécifique, au sein d'un nouvelle sous direction et à ce titre protégées des éventuelles indélicatesses de leurs futurs directeurs.
-Les personnels atteints par la limite d'âge affectés au renseignements généraux seront budgétaire ment remplacés à la sécurité publique.
Il est bien évident que notre organisation devra rester vigilante afin que ces transferts soient réalisés en prenant en considération aussi bien l'intérêt général que celui particulier, en toute équité et en toute transparence.
Toujours sous réserve d'un accord ministériel qui consoliderait l'existence d'une volonté politique déjà largement exprimée, les structures, les organigrammes et les effectifs de la nouvelle direction pourraient être très rapidement définis, la date du 1er janvier 2008 restant fixée pour sa mise en place opérationnelle. Celle-ci remplacera, sous l'autorité d'un chef unique dans un espace unique les 2 anciens services de renseignement qui, de fait, disparaissent.
La visite à Toulouse de Monsieur Joël Bouchité, localement appréciée comme un clin d'oeil à ses anciens collaborateurs, a permis de diminuer la surface d'inquiétude. Cependant les personnes en charge des missions sur le point d'être transférées à la Sécurité Publique ou à la Police Judiciaire restent très préoccupées de leur sort, et ce en dépit des promesses d'un traitement exempt de brutalité et dont il conviendra de s'assurer qu'elles seront tenues. Le SNOP espère que la souplesse annoncée se confirmera dans l'ensemble de l'application de ces mesures, il restera vigilant pour que tous les échelons hiérarchiques conservent cet état d'esprit et que la concertation avec les personnels reste une priorité.
LE BUREAU REGIONAL.


