Ministre

Courrier au MI: les OPN ne doivent plus être ignorés

Monsieur le Ministre,

Les élections professionnelles dans le Corps de commandement de la Police Nationale de janvier 2010 ont désigné le SNOP comme l'organisation syndicale majoritaire des officiers de police. Ce scrutin a été marqué par un niveau de participation plus élevé que jamais, démontrant toute l'importance que les officiers attachent au dialogue social au sein de leur ministère.

Parmi eux, la majorité qui a choisi le SNOP attend du respect des principes de notre démocratie d'être mieux reconnue et entendue.

Vous avez pu le constater au travers des courriers que nous vous avons adressés ces derniers mois comme de nos documents de campagne, le SNOP mène une politique volontariste et ferme, il s'implique dans tous les dossiers et recherche toutes les voies pour aboutir. Notre volonté de dialogue est aujourd'hui relancée par le résultat de ces élections qui, selon nos analyses, ne se limite pas à la "stabilité" que certains commentaires ont voulu décrire.

C'est donc au nom de cette majorité renforcée que je viens, Monsieur le Ministre, manifester auprès de vous notre désir de reprendre au plus vite et dans les meilleures conditions le nécessaire travail commun qui nous permettra d'aborder utilement les échéances cruciales des prochains mois. Quand la volonté existe ce travail est fructueux ; le SNOP y prend alors toute sa part pour adapter et accompagner les réformes.

J'en veux pour exemple récent l'évolution du Compte Épargne Temps qui, même non conforme à nos souhaits d'un cumul en temps des jours épargnés, s'est déroulée sans obstacle et a mobilisé tout le réseau de nos délégués pour préciser, expliquer, appliquer tous les aspects de cette réforme.

Il doit en être de même pour les travaux sur la parité police/gendarmerie, les prolongations d'activité, le régime des retraites des personnels actifs de la police, l'évolution vers un Corps unique de cadres, la fidélisation pour les collègues affectés en Ile de France. Je dois aussi citer au rang des priorités la révision du régime d'emploi des officiers de police qui ont clairement signifié par leur vote le rejet des modalités du "statut de cadre" imposé en 2007. Concernant la pression des chiffres, notre constat d'un essoufflement des résultats enregistrés et des fortes tensions dans les relations humaines et hiérarchiques a été fait par tous les analystes, observateurs, commentateurs et acteurs de la vie policière.

Nous formons donc, aujourd'hui plus encore, le vœu de relancer la dynamique du Corps des officiers de police pour entretenir celle de la Police Nationale. Je vous demande, Monsieur le Ministre, d'entendre cet appel pressant que votre Administration ne peut plus ignorer.

Je vous prie de recevoir, Monsieur le Ministre, l'expression de ma haute considération.

Le Secrétaire Général,

Dominique ACHISPON

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MI: Police d'agglomération: aucune transparence

Monsieur le Ministre,

 

C'est avec surprise que j'ai pris connaissance de vos courriers du 30 novembre dernier adressés aux préfets des zones de défense Nord, Sud et Sud-Est, sur la mise en œuvre de la police d'agglomération à Lille, Lyon et Marseille.

Ces courriers par lesquels vous annoncez vos décisions quant aux transferts de compétence de nombreuses circonscriptions entre Police et Gendarmerie sont en effet venus à ma connaissance il y a quelques jours par la consultation d'un forum internet attaché au site "Gendarme-en-colère.com" !...

Vous comprendrez ma difficulté à admettre que ces informations essentielles qui intéressent au premier chef les officiers de police me parviennent ainsi, alors que le Directeur Général de la Police Nationale a visiblement été étroitement associé à cette prise de décision et qu'il s'était engagé à la plus grande transparence en ce domaine.

D'autant que ces informations arrivent à quelques jours de la fin de l'année pour une mise en œuvre dès début 2010, même si votre représentant au CTP ministériel du 17 décembre s'est voulu plus réservé sur le calendrier des opérations.

Je ne peux voir dans ce déficit de communication qu'un signe supplémentaire de l'insuffisance du dialogue social entre votre ministère et les organisations représentatives des fonctionnaires de police, lesquels seront sans doute d'autant moins enclins à aborder positivement les restructurations des services liées à ces réformes.

Pour les officiers de police, ces transferts de compétence territoriale vont marquer un recul supplémentaire sur les engagements de la réforme des Corps et carrières du 17 juin 2004 puisque c'est une vingtaine de services dirigés par des officiers qui vont disparaître ou être fusionnés.

La réforme de 2004 avait consacré le principe d'un repositionnement croissant des officiers de police sur des fonctions de direction des services, notamment dans des postes libérés par la déflation du corps des commissaires.

Le protocole additionnel de décembre 2007 imposé aux officiers constituait déjà une régression évidente et délibérée sur l'esprit et le texte des accords de 2004.

Toutes les restructurations qui ont suivi ont confirmé cette volonté de revenir sur les engagements de 2004 : sécurité publique, services de renseignements, centres de formation.

A chaque étape ce sont des postes à responsabilités, de chefs de services, tenus par des officiers, qui ont été supprimés sans compensations équivalentes alors que des dizaines de postes attribués à des commissaires restent vacants faute pour eux de vouloir ou de pouvoir les occuper.

Et que dire de l'annonce d'une fermeture du commissariat de Voiron dont les nouveaux locaux ont été livrés il y a à peine quelques mois ?...

Face à la méthode du "fait accompli" qui leur est opposée, le SNOP et les officiers ne pourront souscrire à une police d'agglomération qui va manifestement se faire à leur détriment.

Seule la création d'un corps unique des cadres de la Police Nationale pourrait permettre de trouver dans ces réformes la cohérence des fonctions et des carrières entre les officiers et commissaires de police.

Il est d'autant plus nécessaire de lancer cette évolution incontournable de la Police Nationale qu'elle est la clé du succès des réformes structurelles, qu'elle correspond aux préconisations sur le regroupement des formations et des corps de la fonction publique et conditionne le rapprochement entre police et gendarmerie nationales.

Je vous demande donc, monsieur le ministre, de bien vouloir dire aux officiers de police comment la réforme des Corps et Carrières va être respectée dans la mise en œuvre de la police d'agglomération.

En l'attente, je vous prie de recevoir, Monsieur le Ministre, l'expression de ma haute considération.

 

                                                                           Le Secrétaire Général,   

Dominique ACHISPON

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3 lettres du MI à des Préfets

 

POLICE ET GIE TOUJOURS PAS DANS LE MEME MINISTERE !

Extrait du communiqué de pressé du Ministère de l'intérieur du 14/12 : « L'un des objectifs de la police d'agglomération est d'unifier le régime de commandement sur un même bassin de délinquance. Cela aboutit nécessairement à un certain nombre de basculements de brigades de gendarmerie en zones police. Parallèlement, dans un souci d'équilibre et pour mieux s'adapter aux bassins de délinquance, des basculements inverses devront être réalisés. Les compensations à venir pourront se faire soit au niveau régional soit au niveau national. »

COMMENT ADMETTRE LE TERME DE « COMPENSATIONS » POUR DES FORCES DE SECURITE APPARTENANT AU MEME MINISTERE ???

L'exemple de la Police d'agglomération de Marseille, englobant en toute logique 12 communes relevant de la gendarmerie,  est révélateur de l'effet pernicieux de cette compensation. En effet, dans les environs, les seules communes de police répondant aux critères de transfert en zone gendarmerie, étant PERTUIS et PORT ST LOUIS DU RHONE, nos penseurs ont décidé de donner à la gendarmerie d'autres circonscriptions, même si elles ne répondent pas aux critères définis, en commençant par BRIANCON.

Comment accepter que cette commune située à 260 km, 3 heures de route de Marseille, puisse être concernée ? Comment accepter que ce  commissariat aux excellents résultats, puisque  bénéficiaire de la prime au mérite collective en 2009, puisse être lâché au profit d'une gendarmerie locale dont l'activité est réduite?

Que va devenir la quarantaine de policiers affectés à BRIANCON située  à plus de 100 kilomètres de toute autre circonscription de police (GAP, GRENOBLE ...) ? Quelles seront les prochaines circonscriptions sur le territoire national qui seront données à la gendarmerie ?

 

COMME A TOUS LES REDEPLOIEMENTS, LE SNOP DEPLORE QUE SEULS LES OFFICIERS DE POLICE  PERDENT DES POSTES DE CHEF DE SERVICE  SANS COMPENSATION DE NOUVELLES CIRCONSCRIPTIONS A DIRIGER.

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Propos diffamants d'un bâtonnier: le SNOP écrit au MI

Monsieur le Ministre,

Le 16 novembre 2009, commentant le placement en garde à vue d'une avocate du barreau de Paris, Me Wassermann, par les services de la Police Judiciaire de Meaux, le bâtonnier de l'Ordre, M. Charrière-Bournazel, a tenu publiquement des propos diffamatoires et injurieux à l'encontre des policiers et a porté atteinte à l'honneur de la Police Nationale.

Il a notamment déclaré, s'agissant de Me Wassermann, que : "Elle a été menottée, elle a été mise nue, on lui a mis un doigt dans l'anus. On la traite comme la dernière des dernières au mépris du respect de la personne humaine le plus élémentaire", propos relayé par la presse nationale.

Les faits rapportés sont à la fois graves et mensongers.

Faut-il rappeler la définition de ce qui constitue un "viol" au sens pénal du terme ? C'est bien ce dont les services de police sont accusés par le bâtonnier, qui n'hésite pas davantage à affirmer que les méthodes de la police visent à "extorquer je ne sais quel aveu" dans des conditions de retenue "inhumaines et dégradantes".

Dans la même dérive, le bâtonnier publiait peu après un long pamphlet anti-policier qu'il titrait "Garde à vue : mensonges et forfaiture" où il fustigeait les conditions de la garde à vue non seulement d'une manière générale, mais aussi pour prendre la défense de Me Wassermann en portant des accusations directes et graves contre l'institution, puis nominativement contre un Officier de police et un magistrat.

Quant aux termes employés, notamment le vocable "forfaiture", ils sont inacceptables.

La 11ème chambre de la Cour d'Appel de Paris a eu récemment l'occasion de rappeler que : "si le terme de forfaiture, qui désignait dans l'ancien code pénal tout crime commis par un fonctionnaire public, ne figure plus dans le nouveau code pénal, il n'a pas pour autant disparu du langage courant ; que ce terme évoque, dans l'opinion publique, le comportement répréhensible d'un fonctionnaire qui viole gravement la loi et méconnait les devoirs de sa charge ; que ce terme revêt une connotation très péjorative voire infamante, tout particulièrement pour un fonctionnaire d'autorité représentant l'État".

La Cour a de même suite considéré que "l'opprobre qui s'attache dans l'opinion publique à l'accusation de forfaiture est exclusive de bonne foi" et que "...s'il est permis, dans le cadre du débat public, ...., d'exprimer un désaccord profond avec un ... représentant de l'État ... , voire de le critiquer, ce droit de critique ne l'autorise pas à (le) discréditer au point de l'accuser d'avoir commis une malhonnêteté tombant sous le coup de la loi pénale".

Il s'en est suivi la condamnation de l'auteur du propos de "forfaiture" visant un fonctionnaire de l'État.

Vous conviendrez, Monsieur le Ministre, que les accusations graves, répétées, diffamatoires et injurieuses portées par le bâtonnier Charrière-Bournazel ne peuvent que tomber sous le coup de la loi pénale.

En conséquence je vous demande solennellement de veiller à ce que votre administration apporte tout le soutien et l'assistance dus aux officiers de police visés par ces accusations mais également d'engager, au nom de la Police Nationale, des poursuites à l'encontre du bâtonnier de l'ordre des avocats de Paris à raison des propos et écrits qu'il a tenus et diffusés.

Je ne veux pas méconnaître la difficulté politique d'une telle action visant la personnalité influente et reconnue qu'est Maître Charrière-Bournazel, mais, Monsieur le Ministre, personne n'est au dessus des lois.

L'honneur de la Police Nationale, qui vaut bien celui d'un bâtonnier, ne saurait souffrir que ces termes infamants soient lancés sur la place publique sans qu'il y soit fermement mais justement répondu.

Je vous prie de recevoir, Monsieur le Ministre, l'expression de ma parfaite considération.

 

                                                                        

                                                                Le Secrétaire Général

Dominique ACHISPON

 
   

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